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19 avril 2009

Recherchions Suzan désespérément


http://www.youtube.com/watch?v=kNmONWt1_eA

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Si Paris vaut bien une messe, Suzan Boyle mérite bien les vivats qui éclatent dès que retentit sa voix.

Hormis son incontestable talent, elle vient de donner à la planète entière une incroyable leçon de simplicité, d’humilité et d’élégance.

Personnellement, je ne suis pas transportée par sa voix, mais j’ai été scotchée par tant de brio !

Pour les anachorètes cloîtrés qui n’auraient pas encore entendu parler du buzz de l’année, je résume vite fait.

Le week end dernier Miss Boyle s’est pointée aux auditions de Britain’s Got Talent, l’équivalent Outre Manche, de notre nouvelle star.

Appelons un chat, un chat : Suzan est un thon.

Robe de grand-mère, permanente ratée, (mais existe-t-il des permanentes réussies ?), souple comme le verre d’une lampe, elle répond sans rétorquer aux questions anodines du jury.

Ainsi on append qu’elle a 47 ans (à cet instant, gros plan sur le jury éberlué !), elle est au chômage, elle avoue même n’avoir jamais roulé une pelle à un garçon !

Fou rire général dans le théâtre !

 

Et puis… Et puis elle chante…

Et puis, le miracle… Et puis, elle met le théâtre à ses pieds…

Des milliers de blogs lui ont consacré un billet, les vidéos sur youtube ont été visionnées des millions de fois, des dizaines de groupe ont été créés sur Facebook…

Pourquoi ?

Parce qu’elle chante divinement bien ou parce qu’elle est moche ?

C’est cela qui me chagrine.

La stupeur des gens, comme si la laideur devait, en plus, être systématiquement dénuée de talent.

Comme si, seule, « la Beauté était une promesse au bonheur »…

 

 

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Commentaires

Quand j’ai lu ton billet je t’avoue que je n’avais pas encore entendu parler de ce phénomène.
Depuis une semaine, dans toutes les émissions sur lesquelles je tombe, immanquablement, on nous passe le quart d’heure de gloire de Miss Boyle.
Et là, autant que toi, je suis médusée par les réactions qu’elle suscite.

Que ce soit "A vous de juger", "Comme un vendredi" ou "On n’est pas couché".
Arlette Chabot nous dit « c’est une lueur d’espoir », De Villepin se demande bien pourquoi on l’a fait venir pour lui demander son avis sur Suzan Boyle, et Ruquier vanne grassement le physique de la chanteuse.

C’est vrai qu’Arlette Chabot et Laurent Ruquier sont vraiment stupéfiants de beauté, de grâce et de charme, que c’est pour cela qu’ils font de la télé, et que de fait ils ont une autorité légitime pour juger le physique des gens.

D’autre part, quand je vois Ruquier et ses compères se permettre d’insulter Boyle de « thon », de « cageot » et autres vulgarités sexuelles que je n’ose retranscrire, je suis profondément révoltée dans mon for vaguement féministe. Aurait-on la même bassesse, le même ton injurieux, et aurait-on même pensé à juger -uniquement- le physique d’un homme?

La fonction du chanteur est de chanter. Tellement d’écervelées au décolleté avantageux et au petit cul nous polluent l’environnement sonore de leurs couinements, que le talent de Suzan Boyle, aussi grand soit-il, ne suffit même pas à nous les faire oublier.

Les réactions que je viens d’évoquer sont pour moi animées d’un racisme avoué et partagé, voire « acceptable ».

Je te remercie d’avoir écrit ce billet.

Écrit par : Bianca | 26 avril 2009

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