lundi, 22 juin 2009
Et ton père?
Je vais encore te parler de fêtes aujourd'hui.
Plus spécialement des fêtes familiales.
Moi, je les célèbre toutes.
Les anniversaires,
Noël,
Pâques
et tout le bataclan ...
Tu l'auras compris,
j'ai déjà du mal à résister à une embuscade
donc tu penses bien que je ne vais sûrement pas faillir à une coutume !
Non seulement, je me soumets aux observances
mais j'en imagine
et j'en établis...
Ainsi, depuis quelques années,
j'ai décidé de faire une grande fête chez moi,
à l'aube des vacances.
Une fête de famille,
d'enfants,
(ouais pas 212 non plus hein ?),
d'amis.
Une fête pour laquelle
je m'éclate à faire des listes,
à échafauder des menus,
à faire la popote.
Bon, t'es pas chez une cousette ici,
aussi, tu n'auras ni photos de mes meringues,
ni recettes de mes zakouskis.
Je me cantonnerai pour tout potage
à t'expliquer mon attachement aux rites.
Je conçois malaisément
que l'on puisse avoir horreur des fêtes de famille.
Je comprends que l'on puisse avoir
des contretemps,
des dilemmes,
des empêchements.
Ce que je ne saisis pas c'est le désintéressement pour ces traditions,
et surtout je me dis que
si plus personne ne les perpétue,
et bien tout simplement,
un jour,
y'en aura plus.
Paradoxalement,
aujourd'hui je n'ai pas arrosé la fête des pères.
Non que j'ai un quelconque problème avec mon géniteur,
loin de là.
J'aime mon père.
Ou plutôt j'ai cette chance inouïe
d'avoir conscience d'aimer mon père
et d'être certaine d'être aimée de lui.
Mais il n'y a pas que moi,
mais il n'y a pas que mon père.
Il y a près de moi d'autres enfants blessés,
d'autres pères malheureux et interrogateurs...
Des enfants et des pères pour qui cette journée a un sale goût de larme et de rancœur.
Des enfants pour qui cette fête réveille la culpabilité
et qui gâche la journée.
L'idée d'appeler ou de rendre visite traverse la tête 10 fois,
20 fois,
100 fois dans la journée
puis se fait la malle aussi sec.
Le père qui attend,
qui attend
mais qui au fond n'attend rien.
Lequel est le plus malheureux ?

Ca va foisonner les pères esseulés,
les oreilles collées aux baffles
et les yeux embués.
Souviens toi de Pinocchio :
« Tous les pères sont les mêmes !
Vient toujours un moment
où ils ne voudraient pas être regardés par leur fils
avec les yeux qu'ils leur ont faits. »
Si t'en vois un,
perdu dans la folle nuit,
somme-le
de se fringuer en punching-ball,
d'avancer vers son môme
et seulement
d'écouter ce qu'il a, à lui dire.
C'est aussi cela la fête des pères...
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00:22 Ecrit par Pascale C dans Crêpage de Chignons | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Tags : père&filles, dialogue, fête des pères |
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Commentaires
Ecrit par : L'AutreConstance | lundi, 22 juin 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Constance | lundi, 22 juin 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Constance | lundi, 22 juin 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : chrystel | mardi, 23 juin 2009
Répondre à ce commentaire@Constance: Y'a que ça qui compte ma chérie, c'est d'être vivant...
@Chrystel: No comment! J'arrête pas de le crier que la femme est l'avenir de l'homme!
Ecrit par : Charogne Stoned | mercredi, 24 juin 2009
Répondre à ce commentaireFONTENELLE
(quelle sagesse!!! moi, un p'tit bonheur, ça m'irait très bien)
Ecrit par : petite plume | jeudi, 24 septembre 2009
Répondre à ce commentaireEcrire un commentaire