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15 février 2010

Mes respects, Elisabeth...

 

 

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On a beaucoup parlé d’Elisabeth Badinter la semaine dernière.

Dans son dernier livre, « le conflit, la femme et la mère », la philosophe s’inquiète sur la régression du féminisme depuis 1980.

Elle était l’invitée de France Inter toute la journée de jeudi et son débat a, comme à chaque fois, déchaîné les foudres.

Considérant que dans notre siècle écologique, les femmes sont plus que jamais sommées d’être ‘‘des mères idéales’’, que le bébé est devenu le meilleur allié de la domination masculine’’, EB a lancé une fois de plus un pavé dans la mare et les ripostes frénétiques des femelles allaitantes ont abondé sur la toile.

Y a des sujets comme ça, affreusement scabreux, que l’on ne peut aborder sans que tous les clichés, tous les lieux communs, toutes les platitudes ne viennent sourdre à bout portant !

L’allaitement maternel est un des ces terrains minés, qu’il faut aborder avec prudence  sous peine de sauter avec la torpille.

Moi ce qui m’intéresse c’est pas de savoir quel est le plus beau fleuron d’une mère sur le ‘‘nourrissage’’ de son bébé.

Comme EB, je ne pense pas que, ne pas allaiter est une victoire des femmes, en revanche je ne démordrai jamais : Ce qui compte, c’est la liberté de choix.

Considérant que l’amour est dans le geste et non dans le lait, j’estime que la question n’est pas d’hurler avec les louves mais de faire cesser les meutes hurlantes !

La pression culpabilisante sur l’allaitement est devenue le fer de lance de la Leche League.

‘‘Vous pensez le nourrir ?’’

‘‘Nan, j’pensais plutôt le laisser crever la dalle, en fait!’’’

La grosse arrière-pensée des mouvements pro-allaitement, c’est que celles qui veulent le meilleur pour leur bébé sont tenues de donner le sein.

L’allaitement vient  à l’allégeance de bien des mères, comme si seule, une banale mamelle pouvait assoupir tous les doutes, tous les flottements, toutes les ombres de la maternité.

 

Les écolos, en prônant le retour des couches lavables, les bienfaits de l’allaitement, à la demande et le plus longtemps possible, (ben voyons !) en prévenant des préjudices du biberon, renvoient insidieusement les femmes à la maison.

Tout ce tintouin Bobo-Bio-Ecolo m’échauffe un peu la bile, je n’en peux plus des interminables homélies sur les bénéfices de la tétée, du Co-dodo, ou du portage du têtard !

Le diktat qui pèse sur les femmes est monstrueux.

Une femme qui choisit de ne pas avoir d’enfant n’est pas une femme ? Les mères qui accouchent par césarienne, qui n’allaitent pas ne sont pas des mères ?

 

EB s’insurge et avertit les femmes du traquenard, en arguant qu’il n’y a pas de salut pour une femme sans indépendance financière complète.

 

N’est-ce pas, en somme ce que toute bonne mère devrait enseigner à ses filles ?

Merci Madame Badinter.

 

 

 

 

 

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Commentaires

Bonjour !
Une polémique du lundi, quelle bonne idée !!!
N'ayant pas lu le livre et pas tellement suivi l'affaire, je ne peux que rebondir sur ce que tu en dis, si bien, même si je ne suis pas mais alors pas du tout d'accord avec toi.. sur un truc !
Je ne suis pas maman alors le rapport à la mamelle, je t'avoue que j'aurais tendance à vraiment penser qu'effectivement, c'est le choix, sans jugement derrière ou même devant (la façon de demander tu as raison, c'est exceptionnel comme exemple et si révélateur de la valeur morale accordée à l'acte...).
Là où je ne suis pas d'accord, c'est sur l'indépendance financière...
Bah oui je pense que la vraie victoire c'est celle de l'interdépendance, celle de se dire quand on est en couple ce qui est à moi est à toi et l'argent avant tout car c'est la chose la plus simple à offrir. Que ça m'énerve les comptes d'apothicaire et les comptes séparés d'ailleurs et les réflexions et le jugement extérieur sur les femmes "au foyer".
Et bien on peut aussi travailler sans gagner d'argent parce que l'autre en a assez pour deux et que le boulot qu'on fait nous plaît suffisamment pour contenir en lui sa propre rétribution.
Quand on a la chance incroyable d'avoir assez d'argent pour deux, quelle importance celui qui a son nom sur la fiche de paye ???
Bon sang ! Une femme "entretenue" ? Ce délire féministe me tape sur le système.
peu importe dans quel sens ça se passe... pour moi l'indépendance financière est la mort du couple.
Lâchez les chiens ;)
Bisous tout de même, je provoque pour le jeu, tu l'auras compris.
Anne

Écrit par : Anne ChicAndGeek | 15 février 2010

@Anne: Nous sommes d'accord sur tout, en fait!
L'indépendance financière ça veut pas dire forcément bosser, payer la moitié de tout... Moi non plus je ne supporte pas les comptes d'apothicaire et j'argue toujours haut et fort que je pourrais vivre avec un pauvre mais jamais avec un radin!
L'indépendance financière, c'est malheureusement primordial lorsque le vent tourne... Parce qu'hélas il arrive trop souvent que le vent tourne!
C'est dans ce sens que nous nous devons d'avertir nos filles! Avoir un métier c'est important, ne pas l'exercer c'est un choix.
Le luxe c'est d'avoir le choix.
Bisous

Écrit par : Charogne Stoned | 15 février 2010

La semaine dernière, il y avait une journée EB sur Inter qui fut, comme on peut s'en douter, source de malentendus (malentendants, oui). C'est fou le nombre de gens, qui n'ont pas voulu comprendre le vrai sujet du propos, le pouvoir de choisir, et qui après se mettent à fustiger "cette féministe anti-allaitement". Oui le choix fait aux femmes devient de plus en plus âpre, qui va des diminutions de propositions sociales équitables aux difficultés d'avorter dans de nombreuses régions de France, et passons sur la réforme judiciaire qui va restreindre encore le droit des "petits" donc de nombreuses femmes à se faire entendre (pensions alimentaires, par ex car, Anne, beaucoup d'hommes ne se donnent pas cette peine alors qu'au début de leur couple, les oiseaux chantaient au bord de leur lit, etc.). L'étau se resserre doucement et sans bruit sur beaucoup d'acquis, le féminisme est toujours aussi ringardisé mais en attendant, il existe encore des femmes et des hommes qui ont le courage d'en découdre. (Je n'ai pas encore lu son livre). Voir aussi dans cette même idée du pouvoir de choisir, le bouquin de Florence Aubenas...

Écrit par : dominique cozette | 15 février 2010

@Dominique: C'est hallucinant comment les gens ont tendance à tout confondre... Il y a toujours un choix à faire entre régresser et progresser!

Écrit par : Charogne Stoned | 16 février 2010

Je suis totalement d'accord avec toi. L'important est de laisser le choix aux femmes. Déjà qu'on a pas choisi d'être des femmes.

Écrit par : Fanny | 15 février 2010

@Fanny: En même temps, si on pouvait choisir, j'pense pas que j'aurais aimé être un homme... Ca tombe bien!

Écrit par : Charogne Stoned | 16 février 2010

Mais oui, je suis d'accord avec tout ça. J'ai entendu EB un court moment sur france inter, je l'ai trouvé plutôt mesurée, mais il y a des sujets que l'on aborde plus sans susciter la colère.
J'ai la sensation que les humains ont toujours besoin de s'unir dans une pensée commune et que le doute ou le questionnement n'y est pas admis.
Alors merci à ceux qui mettent les pieds dans le plat! Ils lancent le débat, la discussion et nous permettent de prendre du recul sur le mouvement que nous suivons.
J'ai cette sensation que la maternité est un trophée aujourd'hui. On l'exige toutes et ensuite on l'exhibe grâce au net... Et nous voilà des femmes accomplies qui font tout bien ce qui faut!
Et pendant ce temps, notre liberté s'éloigne mais on l'a perdue de vue depuis longtemps...
Et cette misogynie là, ce sont les femmes qui la perpétuent aussi.

Écrit par : LesExuvies | 15 février 2010

@LesExuvies: L’exposition des mômes sur la toile, avec de belles photos toutes lisses telles une pub Bonpoint, l’exhibition des mères qui étalent leur vie pseudo-parfaite pleine de certitude et sans aucune pudeur, je ne supporte pas !

Écrit par : Charogne Stoned | 16 février 2010

C'est un sujet qui me tient beaucoup à coeur et sur lequel je m'interroge aussi beaucoup. Sujet archi miné en effet (il n'y a qu'à aller faire un tour sur les forums de jeunes mamans pour s'en apercevoir).
J'ai mes certitudes (no allaitement et encore moins de couches lavables car, je trouve en effet que c'est une formidable pas en arrière) mais je comprends aussi certains arguments des "maternantes".
Et si tout ça n'était, comme le dit Elizabeth Badinter dans le Elle de cette semaine, qu'un conflit générationnel, une revanche des filles sur leurs mères, un retour rassurant aux vieilles valeurs (= la mère parfaite) en ces temps difficiles ?

L'important, à mes yeux, c'est de laisser le libre choix aux jeunes mamans (en leur expliquant les avantages et les inconvénients des deux méthodes) et de ne pas chercher à les influencer d'une manière ou d'une autre en les culpabilisant.

Écrit par : Frédérique Paresseuse | 16 février 2010

@Frédérique Paresseuse: Paradoxalement, je trouve que sur les blogs des jeunes mamans les arguments sont encore plus péremptoires... En gros, elles me donnent l'impression de rétrograder...
Sois la bienvenue ici, Paresseuse...;)))

Écrit par : Charogne Stoned | 17 février 2010

Tu as raison. Il y a vraiment un fossé entre l'ancienne génération (dont je fais partie) et la nouvelle. Et franchement, je suis affolée de ce que je lis, parfois.
Et merci pour ton accueil !

Écrit par : Frédérique Paresseuse | 17 février 2010

Tu as raison. Il y a vraiment un fossé entre l'ancienne génération (dont je fais partie) et la nouvelle. Et franchement, je suis affolée de ce que je lis, parfois.
Et merci pour ton accueil !

Écrit par : Frédérique Paresseuse | 17 février 2010

D'accord d'accord d'accord, avec EB, mais pourquoi que l'allaitement irait avec le lavage des couches, ben merde alors. Moi, j'ai allaité avec joie et trouvé ça drôlement libérant (tu vas où tu veux quand tu veux avec ton chiard, t'as tout ce qu'il faut sur toi tout le temps) mais c'était pas par écoloverdisme. Juste par esprit plaisir et pratique. Le lavage des couches merdeuses n'entre dans aucune des deux catégories.
Par ailleurs, je trouve ça top que les celles qui zen ont envie utilisent des biberons. D'ailleurs, après l'allaitement, j'ai bien aimé le coup des biberons, les petites bulles qui montent (le pire, c'est que c'est vrai).
Et sinon, pour la verdeur, comme tu sais, je fais pipi dans la douche pour économise l'eau.

Écrit par : La vie (où est le) mode d'emploi (?) | 16 février 2010

Et aussi, je t'ai "taguée". Euh, c'est peut-être pas un cadeau. Bon, t'es pas obligée.

Écrit par : La vie (où est le) mode d'emploi (?) | 16 février 2010

@La vie (où est le) mode d'emploi (?): Y nous emmerdent les écolos! Z'ont qu'à faire des couches bio-dégradables!!!

Écrit par : Charogne Stoned | 17 février 2010

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