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07 juin 2010

L'Echappée Belle...

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C’est pas tout ça, mais comme j’ai promis de revenir élucubrer mes humeurs, faut quand même que je m’en tienne à un minimum de rigueur !

En avant, partez !

Je me suis levée à l’aube. (Ce qui, soi dit en passant, est de point en point, aussi jubilatoire que de se coucher aux aurores !)

Fleurant le chic d’un magazine de déco scandinave, j’ai pris mon café sur la terrasse, en me recueillant sur le pied de pivoines. (J’aurais mieux fait de me concentrer sur les miens, (de pieds), cela m’aurait signalé quelques intruses écailles de vernis !

J’ai fait couler mon bain, j’ai repassé mes fringues.

J’ai chargé une palette de cochonnailles dans le berlingot.

J’ai déchargé la palette.

Je l’ai mise en paniers, j’ai calligraphié leur variété sur des ardoises, j’ai déplié des nappes, bref, je me suis arrangée  pour te mettre à fond, l’eau à la bouche.

Comme t’arrivais pas, rapport que le vendredi tu bosses, (et que d’façons même si tu bosses pas, tu te pointes jamais avant les 16 heures dans les Salons des fines bouches !) j’ai ouvert un livre.

Lorsqu’il fait 50 degrés sous le couvercle du chapiteau, t’es un peu comme une soupape qui se met brutalement à chuchoter.

T’as les joues tellement rouges qu’elles virent franchement au bleu, sauf que ta mélanine, elle en fout pas une ramée …

En résumé, t’as chaud pour rien.

C’est donc pas le bon moment, pour t’attaquer à une prose trop raide qui ne fera que faire monter ta fièvre !

J’ai ouvert ’’L’échappée belle’’ de Gavalda.

Le livre traînait depuis quelques temps dans mon sac.

 

Quatrième de couverture :

Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.

Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adultes.

 

Et…

Comment vous dire !

J’ai toujours eu un peu une dent contre cette auteure.

Une bonne molaire même !

Solide et assez vivace…

Pourtant, si y’a un truc que je suis bien forcée de reconnaître c’est qu’à chaque fois, la Gavalda, elle m’embringue.

Mieux : Elle m’enlève. Elle m’emplit.

Du moins, jusqu’ici, le croyais-je.

 

L’Echappée belle fait partie de ces petits romans qui rafraîchissent un après-midi caniculaire, comme il pourrait éclaircir un crépuscule d’hiver.

 

 

Je suis enfant unique.

Ceci expliquant sans doute cela, je suis restée au bord, comme on regarde s’échapper une bulle de savon.

J’aurais davantage aimé me ronger les poings de méconnaître l’attachement fraternel.

J’aurais davantage aimé cristalliser, soupirer, jalouser l’occulte communion.

 

Je ne tirerai jamais de bordées avec mes frangins et c’est un boulet que je trimballerai ad vitam aeternam!

Je pourrai toujours me trouver des frères de fortune pour m’offrir une belle échappée !

Mais ma plus grande infirmité sera d’avoir essuyé mes chagrins enfantins en solitaire.

 

Le livre n’en demeure pas moins gouleyant, tel un vin de soif qu’on ouvrirait à l’improviste, qu’on boirait cul-sec au goulot et qui, une fois lampé, nous ferait regretter de ne pas avoir été un magnum…

 

 

05 janvier 2010

Je l'aimais...

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J’ai toujours dix charrettes de retard, alors forcément lorsqu’au printemps dernier, est sorti dans les salles, ‘‘ Je l’aimais’’, j’ai loupé le coche.

J’avais lu le livre et l’alchimie du verbe avait bien fonctionné, genre que j’étais convaincue que Gavalda me chuchotait un peu à l’oreille.

Ce qu’il y a de bien avec un bon roman c’est que tu penses dur comme fer que l’auteur te parle de toi, que chacun de ses mots fait écho à tes confidences, à tes abandons.

Bref, hier en bidouillant mon vieux computeur, j’ai téléchargé Limewire (Gloire à toi, Dieu de l’Internet !) et une heure plus tard le film était dans la bécane.

Me voici donc, moi et  mes jambes (immenses) déployées sur le sofa, ma nuque (gracile) calée sur le  traversin, entraînée dans le bercement du générique.

C’est une histoire toute simple pour ne pas dire ordinaire.

Chloé vient de se faire plaquer et n’a rien vu venir, si tant est, que l’on puisse franchement voir les choses venir.

Son beau-père l’emmène se réfugier à la montagne, et le chagrin de sa bru va culbuter des pans entiers de sa propre vie.

30 années les séparent.

A petits coups de Chasse-Spleen et de bœuf carottes, il va lui confesser son secret.

Il repense sa vie comme une débâcle, ne s’épargnant le moindre manquement.

Il se confesse, s’accuse, bat sa coulpe devant la bru bouleversée et émue et qui devient visiteuse d’une histoire qui aurait pu être la sienne.

Son secret s’appelle Mathilde, et l’interprétation de Marie-Josée Croze est tellement suave qu’on se met à souffrir pour cette maîtresse soumise au poison de l’attente.

 

 

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Lui, recoupe tous les hommes :

De l’amoureux languide, tantôt bouillonnant, tantôt rationnel ; au mari tiraillé, au père distrait, écartelé par la culpabilité du dilemme, dépassé par l’intrication de cette histoire somme toute, si banale !

 

Quelque soit  la place que l’on tient dans le triangle amoureux, on s’accorde à penser à la fin du film, qu’il faut bellement bien être deux pour s’aimer !